Combien coûte le meilleur vélo du monde ?

La France est le plus grand pays de vélo au monde. Pas en nombre, pas en champions, mais nous avons le Tour de France ! Donc pourquoi les Français ne feraient pas le meilleur vélo du monde ?! C’est ici qu’il faut le faire ! » Lancée comme une boutade lors d’une discussion avec un ingénieur (également cycliste) souhaitant développer un vélo à vendre sur Internet, la tirade de Marc Simoncini se concrétise. Enfin selon lui. Rencontré dans ses magnifiques bureau de la Rue François Ier, le fondateur de Meetic nous a vanté les mérites d’Heroïn, un vélo de course 100% noir, en carbone, travaillé depuis quatre ans, assemblé en France et fabriqué en Italie. Il défierait les lois de la pénétration.

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Marc Simoncini, très fier de son Heroïn.

Le serial entrepreneur de 53 ans a monté une équipe de quatre personnes et créée Heroïn Project. L’idée était de concevoir un vélo léger. Mais la législation ne permettant pas de descendre le poids d’un deux roues sans moteur en-dessous de 6,2 kilos, « il fallait une autre idée pour l’alléger » nous explique Marc Simoncini. « Nous avons donc décidé réduire le poids de manière virtuelle en améliorant la pénétration dans l’air. » Aussi, sur les roues comme sur le cadre, on observe des petits trous semblables à celles des balles de golf (photo ci-dessous). « Lorsque nous avons pensé ‘pénétration dans l’air’, la balle de golf nous est apparue tout de suite. Elle vole loin grâce à sa texture. Il fallait faire pareil sur le vélo. » Au final, après avoir essayé plusieurs formes, tailles et profondeurs de trous, le vélo a un meilleur coefficient de pénétration dans l’air (le fameux Cx) que si les trous n’existaient pas « 10% d’écart exactement et un vrai ressenti dès 20km/h ».

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De fait le vélo est plus maniable, notamment en cas de vent latéral qui, en entrant dans les roues, freine le cycliste (du dimanche ou de compétition). Autre subitilité, la matière des roues justement. Avec ce cadran tout en carbone, le boyau semblait préférable. Sauf pour Marc Simoncini et ses équipes : « Quand vous avez des boyaux, vous les gonflez à 8-9-10 bars (pour les gars très bons), mais au-delà, ça ne tient pas. Et puis rares sont les gens à rouler aujourd’hui avec des boyaux. Nous nous sommes donc dits ‘pas de boyaux, on est amateurs, ça coûte trop cher, on veux des pneus’. Sauf que les pneus avec des freins carbone, ça chauffe trop au moment du freinage… » Pendant deux ans, les équipes ont donc tout fait pour inventer une technologie qui puissent faire qu’un pneu tienne à 200 degrés au freinage, comme celui d’un scooter. Pari réussi selon Simoncini même si personne ne pourra vraiment le vérifier car cette température n’est jamais atteinte lors d’un freinage. « C’est exact reconnaît d’ailleurs l’inventeur, mais nous avons tout poussé à l’extrême pour l’étalonnage de ce vélo. »

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À noter enfin qu’aucun câble, à part celui du frein à main, ne vient obstruer la bonne conduite du cycliste. Pour se faire, un cockpit a été intégré au cintre pour loger tout le groupe électronique. Le reste du vélo a été acheté aux meilleures marques du moment (Hutchinson pour les pneus, Rotor pour le pédalier, Shimano Dura-Ace Di2 pour le groupe électrique…) . Au final, Marc Simoncini, qui a investi « plusieurs millions d’euros » dans Heroïn Project, aurait peut-être donc bien le meilleur vélo du monde. Édité à 349 exemplaires (sans raison particulière), il coûte 14.900€. L’Heroïn se pose donc en objet de luxe destiné à des « personnes qui ont bien réussi, aiment le vélo et veulent se faire un petit cadeau ». Elles pourront se targuer d’avoir un vélo au nom – volontairement – provocateur. Un petit shoot d’Heroïn le dimanche matin, ça ne fait de mal à personne, si ?
Suivez l’auteur sur Twitter : @JPatrelle

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