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L'affaire Jacqueline Sauvage en 5 dates

L'affaire Jacqueline Sauvage en 5 dates


1-  10 septembre 2012 : la fin de 47 années de violences conjugales :

«A ce moment, j’ai eu un éclair dans la tête. J’ai pris le fusil dans la chambre, j’ai chargé. Il était en bas sur la terrasse, assis de dos. Je me suis approchée, j’ai tiré, tiré, tiré, en fermant les yeux.» Au soir du 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage, 65 ans, abat son mari Norbert Marot, également père de ses quatre enfants. Comme elle le confiera aux enquêteurs ainsi qu’au procès, elle met ainsi fin à 47 ans d’enfer conjugal. Jacqueline avait rencontré Norbert à l’âge de 15 ans. A 17 ans elle était déjà mère de sa première fille et mariée en juin 1965. Ils auront ensuite une seconde fille, un fils puis une troisième fille. Les violences ont commencé très vite : il la viole, la bat et se défoule aussi sur les enfants. L’aînée, Sylvie, dira avoir compris ce qui se passait vers l’âge de 9 ans : « On essayait d’aider maman, de se mettre entre eux pour éviter qu’il ne la frappe (…) on avait peur qu’il ne finisse par la tuer ».

Drame absolu, le jour même où Jacqueline tue son mari, son fils se suicide: il n’avait pas 40 ans. Jacqueline l’apprendra pendant sa garde à vue.

2-  30 octobre 2014 : la condamnation à 10 ans de prison

Jacqueline Sauvage est condamnée par les assises du Loiret à 10 ans de prison pour homicide agravé. Elle a 66 ans. Ses trois filles sont en état de choc : « les jurés n’ont pas compris ce qu’elle a subi » déclare l’aînée tandis que les avocates, Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini, annoncent qu’elles font appel au nom de leur cliente. Elles ont l’habitude de plaider des affaires de violences conjugales, elles avaient notamment assisté Alexandra Lange, acquittée en 2012 à Douai pour le meurtre de son mari. L’affaire avait inspiré le téléfilm intitulé L’emprise. Elles réalisent qu les jurés n’ont pas forcément pris la mesure du drame conjugal et familial qui s’est joué pendant près de 50 ans. Mais le 3 décembre 2015, après 5 heures de délibéré, la cour d’assise de Blois confirme la condamnation à 10 ans de prison. A cette date, la condamnée, épuisée et les cheveux grisonnants, a déjà passé 2 ans et 8 mois en détention.

3-  31 janvier 2016 : une grâce partielle de François Hollande

Alors qu’une partie de l’opinion s’est mobilisée pour elle, et qu’une pétition réclame sa libération Jacqueline Sauvage apprend de ses conseils que le président de la République a accordé une grâce partielle en sa faveur. Si elle ne remet pas en cause le fond de sa condamnation pour meurtre aggravé mais permet en revanche à la détenue de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle. A 68 ans, depuis le centre pénitentiaire de Réau (Seine et Marne) où elle purge sa peine, Jacqueline Sauvage se prend à espérer, ses filles et ses soutiens aussi.

4-  12 août 2016 : la libération conditionnelle est refusée

Le tribunal d’application des peines de Melun refuse la demande de libération conditionnelle formulée par les avocates. Motif invoqué : la surmédiatisation de son affaire qui cantonnerait Jacqueline Sauvage dans une position « exclusivement victimaire ». Face à une décision qu’elles estiment désatreuse, les avocates et leur cliente n’excluent pas une nouvelle demande. Dans l’intervalle, Jacqueline Sauvage, aux cheveux désormais presque totalement gris, repart dans sa cellule. Elle espère ne pas passer un nouvel anniversaire en prison : le 27 décembre 2016, elle aura 69 ans.

5-  24 novembre 2016 : la libération conditionnelle une nouvelle fois refusée

Alors que les soutiens médiatiques avaient retenu la leçon de Melun et s’étaient donc montrés plus discrets, la Cour d’Appel de Paris confirme ce 24 novembre 2016 la décision du Tribunal d’application des peines. La libération conditionnelle est donc de nouveau refusée, Jacqueline Sauvage soufflera sa 69 ème bougie en prison. Dans ses motivations, la cour d’appel a justifié son refus en soulignant que la «réflexion demeure pauvre et limitée puisqu’elle (Jacqueline Sauvage) peine encore à ce jour à accéder à un réel et authentique sentiment de culpabilité». Rien ne s’oppose à une troisième demande, mais aura t-elle la force d’essuyer un troisième refus?

A consulter : le site gouvernemental sur les violences faites aux femmes



Source: TeleStar | NonStopZapping

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